
LES ENSEIGNEMENTS
D'UNE BRÈVE HISTOIRE
DE L'HUMANITÉ
Le futur est-il déjà écrit ?
Un cabinet de conseil a conduit pendant plusieurs années un travail de recherche associant un vaste écosystème de spécialistes — sociologues, économistes, historiens, géographes, scientifiques, neurobiologistes et experts de nombreuses autres disciplines — avec une ambition simple en apparence : mieux comprendre le monde qui vient et identifier les conditions d'un futur désirable.
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De cette réflexion collective émergent plusieurs enseignements qui rendent l'exercice prospectif plus complexe qu'il n'y paraît.
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Premier constat : l'histoire humaine
est une trajectoire d'expansion
Les chercheurs soulignent tout d'abord
que l'histoire de l'humanité semble s'inscrire dans une dynamique presque continue
d'« arrachage » au milieu naturel.
Depuis les premières sociétés agricoles jusqu'aux révolutions industrielles
et numériques, l'humanité n'a cessé d'étendre son emprise sur son environnement, d'extraire davantage de ressources et de repousser
les limites qui lui étaient imposées.

Cette trajectoire de prédation et de transformation de la nature apparaît remarquablement stable dans le temps, au point que certains s'interrogent sur la possibilité même de l'inverser sur la durée.
Deuxième constat : toute tendance produit son contraire

Une autre idée forte ressort des travaux analysés : chaque dynamique émergente tend à faire naître une dynamique opposée d'intensité comparable.
Ce que nous appelons souvent « l'air du temps » n'est peut-être qu'une lecture partielle de la réalité.​ À chaque mouvement vers davantage de mondialisation répond un désir de relocalisation. À chaque poussée d'individualisation émergent de nouvelles formes d'appartenance collective.
À chaque accélération technologique apparaissent des aspirations à la sobriété ou à la déconnexion.​
Les anthropologues désignent ce phénomène sous le terme de schismogenèse :
la capacité des groupes humains en interaction à construire volontairement des modes de pensée et d'organisation radicalement différents, parfois précisément pour se distinguer les uns des autres.
Autrement dit, le futur n'avance jamais dans une seule direction.

Troisième constat : les grandes transformations sont d'abord un choix humain
Les chercheurs qui étudient les grandes mutations historiques convergent vers une idée souvent contre-intuitive. Les transformations décisives des sociétés seraient moins déterminées par les conditions matérielles, les crises ou les innovations techniques que par la volonté collective, l'imaginaire et la capacité des êtres humains à prendre des risques.
Ainsi, ce n'est pas seulement la glaciation du détroit de Béring qui a permis à certaines populations asiatiques de rejoindre le continent américain.
Encore fallait-il que des femmes et des hommes décident de s'aventurer vers l'inconnu...
De même, les révolutions industrielles du XIXᵉ siècle ne peuvent être réduites à l'invention
de la machine à vapeur. Elles traduisent aussi une aspiration plus profonde :
celle de comprendre, maîtriser et transformer la nature.
Cette aspiration s'est construite progressivement au sein de la civilisation européenne, notamment à la suite des profondes transformations intellectuelles et institutionnelles amorcées après la réforme grégorienne.
L'innovation technique n'apparaît plus tant comme une cause première
mais comme la traduction concrète d'une ambition préexistante. L'exemple du smartphone est révélateur : le concept porté par Apple a précédé de plusieurs années la capacité technologique de le réaliser.
L'idée a orienté la recherche bien avant que la technologie ne permette sa concrétisation.
Une conclusion ouverte :
Entre contraintes et choix
L'histoire montre que les conditions matérielles, économiques ou technologiques n'expliquent pas tout. Les choix des sociétés en
déterminent la trajectoire.
C'est pourquoi la prospective
ne consiste pas seulement à anticiper l'avenir, mais à réfléchir au monde
que nous voulons rendre possible.

LES CONTRAINTES
DESSINENT
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LE CHAMP DES POSSIBLES
